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Test de Glycémie en Grossesse — OGTT, Déroulement et Valeurs

Ce que dépiste le test de glycémie entre la 24ᵉ et la 28ᵉ semaine, comment il se déroule — et ce que signifie vraiment un résultat anormal.

Fondé sur les preuvesMis à jour : avril 2026
Table des matières

Qu'est-ce que le test de glycémie en grossesse ?

Le test de glycémie — techniquement l'OGTT (hyperglycémie provoquée par voie orale) — est un dépistage de routine entre la 24ᵉ et la 28ᵉ semaine de grossesse. Il vérifie si votre corps produit suffisamment d'insuline pendant la grossesse pour faire redescendre la glycémie après une quantité définie de sucre. L'objectif est la détection précoce du diabète gestationnel (DG) — une forme de diabète qui n'apparaît que pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement.

Pourquoi ce test ?

Pendant la grossesse, le placenta produit des hormones qui affaiblissent l'effet de l'insuline — une adaptation biologiquement utile pour que le bébé soit approvisionné en énergie de manière fiable. Parfois, le pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d'insuline pour compenser. La glycémie monte et le bébé y réagit : trop de sucre dans le sang maternel signifie trop de sucre pour le bébé. Un diabète gestationnel non traité augmente le risque de macrosomie, de complications à l'accouchement, de prématurité et de problèmes métaboliques ultérieurs.

En Allemagne, le test de glycémie fait partie des examens recommandés par les directives de maternité et est pris en charge par l'assurance maladie légale. La ligne directrice S3 sur le diabète gestationnel de la Société allemande de gynécologie et d'obstétrique (DGGG) recommande une procédure en deux étapes (test de dépistage à 50 g puis OGTT à 75 g si nécessaire) — au niveau international (OMS, ACOG), le test en une étape à 75 g est souvent utilisé directement. Les deux approches sont fondées sur des preuves.

Quand réalise-t-on le test de glycémie ?

La fenêtre standard se situe entre 24+0 et 27+6 semaines de grossesse. C'est à cette période que l'intolérance au glucose est la plus fiablement détectée, car les hormones placentaires sont pleinement actives. En cas de facteurs de risque, le test peut être réalisé plus tôt — dès le premier trimestre.

Test précoce en cas de facteurs de risque

  • IMC pré-grossesse ≥ 30 kg/m²
  • Âge ≥ 35 ans
  • Diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente
  • Bébé macrosome lors d'une grossesse précédente (≥ 4500 g)
  • Diabète de type 2 dans la famille (parents, frères et sœurs)
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
  • Fausses couches à répétition ou mort fœtale in utero
  • Origine de régions à forte prévalence de diabète

Si un ou plusieurs de ces facteurs vous concernent, votre gynécologue prescrira probablement le test dès le début de la grossesse. Un test précoce normal est répété plus tard — comme chez toutes les femmes enceintes — entre 24 et 28 semaines.

Comment se déroule le test — étape par étape

En Allemagne, on procède généralement en deux étapes : d'abord un pré-test avec 50 g de glucose (non à jeun), et seulement en cas d'anomalie, l'OGTT proprement dit à 75 g à jeun suit. Dans de nombreux autres pays, le test à 75 g est réalisé directement. Votre gynécologue vous dira ce qui s'applique à vous.

Étape 1 — Test de dépistage 50 g

  1. Vous n'avez pas besoin d'être à jeun — vous pouvez petit-déjeuner normalement.
  2. Au cabinet, vous buvez une solution contenant 50 g de glucose dans environ 200 ml d'eau en 5 minutes.
  3. Exactement 60 minutes plus tard, une prise de sang mesure la glycémie.
  4. Une valeur inférieure à 135 mg/dl (7,5 mmol/l) est normale — le test s'arrête là.
  5. Une valeur ≥ 135 mg/dl est anormale : l'OGTT à 75 g suit pour clarifier.
  6. Une valeur ≥ 200 mg/dl compte déjà comme diabète gestationnel avéré — aucun autre test nécessaire.

Étape 2 — OGTT à 75 g (à jeun)

  1. Dînez normalement la veille, puis jeûne d'au moins 8 (max 14) heures — uniquement de l'eau.
  2. Pas de tabac, pas d'exercice intense le matin.
  3. Au cabinet : première prise de sang à jeun.
  4. Ensuite, buvez 75 g de glucose dans 300 ml d'eau en 3 à 5 minutes — souvent très sucré.
  5. 60 minutes après : deuxième prise de sang.
  6. 120 minutes après : troisième prise de sang.
  7. Entre les prises : restez assise tranquillement, sans manger, sans boire (sauf un peu d'eau), sans marcher.

Prévoyez environ 2 h 30 et apportez de la lecture. Ensuite, vous pouvez manger normalement — beaucoup de femmes ressentent une faim passagère ou une légère chute de glycémie après le test. Mangez quelque chose avec des protéines et des glucides complexes avant de prendre le volant.

Comprendre les valeurs — seuils DGGG

La ligne directrice S3 de la DGGG définit des seuils clairs pour l'OGTT à 75 g. Important : une seule valeur dépassée suffit pour diagnostiquer un diabète gestationnel — les trois valeurs n'ont pas besoin d'être anormales.

Seuils OGTT 75 g (DGGG, ADA, OMS)

Valeur à jeun

  • Normal : < 92 mg/dl (5,1 mmol/l)
  • Anormal : ≥ 92 mg/dl

Valeur à 1 h

  • Normal : < 180 mg/dl (10,0 mmol/l)
  • Anormal : ≥ 180 mg/dl

Valeur à 2 h

  • Normal : < 153 mg/dl (8,5 mmol/l)
  • Anormal : ≥ 153 mg/dl

Résultat normal — qu'est-ce que cela signifie ?

Les trois valeurs en dessous des seuils — félicitations, pas de diabète gestationnel. Une alimentation équilibrée, une activité régulière et une prise de poids modérée restent toutefois pertinentes. En cas de facteurs de risque ou de signes échographiques ultérieurs, le test peut être refait.

Une ou plusieurs valeurs anormales

Une seule valeur dépassée suffit pour diagnostiquer un diabète gestationnel. C'est effrayant au premier abord mais très traitable. Environ 85-90 % des femmes avec diabète gestationnel s'en sortent bien avec des changements alimentaires et de l'exercice ; seule une minorité nécessite de l'insuline. L'important maintenant : rester calme, prendre rendez-vous en diabétologie ou cabinet spécialisé, apprendre l'autosurveillance glycémique.

Que se passe-t-il si le test est anormal ?

D'abord, respirez. Un diagnostic de diabète gestationnel n'est pas une catastrophe — il signifie un suivi plus attentif et une alimentation et une activité plus conscientes dans les semaines restantes. Votre bébé aura ainsi le meilleur départ possible. La suite se déroule en trois étapes.

Les trois étapes du traitement

  1. Étape 1 — Éducation, changements alimentaires et activité modérée (30 min de marche rapide par jour ou natation). Autosurveillance glycémique 4×/jour (à jeun + 1 h après les repas principaux).
  2. Étape 2 — Si les objectifs ne sont pas atteints malgré l'alimentation après 1-2 semaines : insuline basale au coucher et/ou insuline prandiale. L'insuline est neutre sur le passage placentaire, bien éprouvée et sûre pour le bébé.
  3. Étape 3 — Surveillance rapprochée : échographie toutes les 3-4 semaines (croissance, liquide amniotique), monitoring dès la 32ᵉ semaine environ, planification de l'accouchement dans une maternité avec néonatologie.

Faux positifs et inquiétudes fréquentes

L'OGTT est un bon test, mais pas parfait. Plusieurs facteurs peuvent entraîner des valeurs faussement élevées — à connaître pour ne pas s'inquiéter inutilement ni démarrer un traitement sur des bases fragiles.

Sources typiques d'erreur

  • Ne pas être réellement à jeun (ex. café au lait, bonbon, chewing-gum)
  • Infection aiguë, fièvre ou stress le jour du test
  • Alimentation pauvre en glucides les jours précédents (corps 'déshabitué')
  • Prise de corticoïdes ou bêta-mimétiques (ex. menace d'accouchement prématuré)
  • Vomissements après la boisson sucrée — le test doit être refait
  • Période de jeûne très courte ou très longue
  • Activité physique entre les prises de sang

Si vous n'êtes pas sûre que le test s'est bien déroulé, parlez-en à votre gynécologue. Un test répété dans de bonnes conditions est souvent plus sage qu'un traitement sur soupçon.

Mythes sur le test de glycémie

Mythe 1 : « Je peux me priver avant le test »

Faux. Ne presque plus manger de glucides pendant des jours peut paradoxalement donner des valeurs plus élevées le jour du test — le métabolisme surréagit. Mangez normalement et de manière riche en glucides les 3 jours avant le test (au moins 150 g/jour).

Mythe 2 : « Je peux refuser le test, il est facultatif »

Techniquement vrai — tout test est facultatif. Mais : le diabète gestationnel est souvent asymptomatique. Sans test, il passe souvent inaperçu — avec des conséquences pour vous et votre bébé. Si vous êtes sceptique, parlez ouvertement de vos inquiétudes à votre médecin. Il y a souvent de bonnes réponses.

Mythe 3 : « Je suis mince — je n'ai pas besoin du test »

Faux. Le diabète gestationnel touche aussi les femmes minces — surtout avec antécédents familiaux, SOPK ou origine géographique à risque. L'IMC n'est qu'un facteur parmi d'autres. Le diagnostic ne dépend pas du fait que vous soyez 'grosse' ou 'mince'.

Questions Fréquentes

Je n'ai vraiment pas besoin d'être à jeun pour le test de 50 g ?
Exact. Le test à 50 g est explicitement conçu pour être indépendant du dernier repas. Vous pouvez petit-déjeuner normalement et venir au cabinet en journée. L'OGTT à 75 g, en revanche, doit impérativement être à jeun — entre 8 et 14 heures.
Le test de glycémie est-il remboursé par l'assurance maladie ?
Oui. En Allemagne, le test à 50 g et — en cas d'anomalie — l'OGTT à 75 g font partie des directives de maternité et sont remboursés par l'assurance maladie légale. Les assurances privées remboursent en général aussi. Pour les patientes à risque, un test précoce est également pris en charge.
La boisson sucrée me donne la nausée — que puis-je faire ?
Buvez la solution froide (goût moins intrusif), reniflez une rondelle de citron entre les gorgées, buvez lentement à petites gorgées — mais finissez en 5 minutes. Si vous vomissez, le test doit être refait un autre jour. Dans certains cas, un petit-déjeuner standardisé avec profil glycémique peut être envisagé — discutez-en avec votre médecin.
J'ai eu un diabète gestationnel lors de ma dernière grossesse. Vais-je le refaire ?
Le risque de récidive est de 30-50 %. Un test précoce vous est donc proposé dès le premier trimestre et, s'il est normal, le test régulier aux semaines 24-28. Une alimentation saine, du mouvement et une prise de poids modérée réduisent le risque. À long terme, les femmes ayant eu un diabète gestationnel ont un risque accru de diabète de type 2 — les contrôles réguliers après l'accouchement sont importants.
Puis-je faire le test à la maison avec mon propre lecteur ?
Non. Le diagnostic nécessite une prise de sang veineuse au bras avec analyse en laboratoire. Les lecteurs capillaires (piqûre au doigt) sont trop imprécis et non agréés pour le diagnostic. Pour l'autosurveillance après diagnostic, ils sont en revanche standard.
Que signifie une glycémie à jeun de 90 mg/dl — limite ?
90 mg/dl est juste en dessous du seuil de 92 mg/dl et compte formellement comme normal. Mais en grossesse, même la « norme haute » est pertinente. Beaucoup de médecins donnent déjà des conseils nutritionnels concrets à partir de ≥ 85 mg/dl et surveillent de plus près la croissance du bébé. Une HbA1c ou une mesure de contrôle peut être utile.
Puis-je reporter le test à la 30ᵉ semaine à cause des nausées ?
Un report court de 1 à 2 semaines est généralement sans problème et plus sage que de faire le test avec des nausées aiguës. Mais le test ne devrait pas être fait au-delà de la 30ᵉ semaine, car il manquerait alors du temps pour l'adaptation alimentaire et un éventuel traitement. Discutez-en avec votre médecin.
La boisson de glucose a-t-elle des effets nocifs sur mon bébé ?
Non. 50 ou 75 g de glucose administrés une fois sont sans danger pour votre bébé. Il n'y a pas de preuve solide de préjudice fœtal dû à la boisson de glucose. La glycémie maternelle brièvement élevée entraîne une courte réponse insulinique — rien de plus.
Quelle est la différence entre l'HbA1c et l'OGTT ?
L'HbA1c (glycémie sur le long terme) reflète la glycémie moyenne des 8 à 12 dernières semaines et sert surtout à diagnostiquer un diabète préexistant. Pour diagnostiquer un diabète gestationnel, elle n'est pas adaptée — la DGGG recommande l'OGTT. L'HbA1c est utilisée en complément, par exemple pour une évaluation au début de la grossesse.
Que devient le diabète gestationnel après l'accouchement ?
Avec la délivrance du placenta, les hormones diabétogènes disparaissent, et chez la plupart des femmes la glycémie se normalise en quelques jours. Les directives recommandent un nouvel OGTT à 75 g 6-12 semaines après l'accouchement — pour exclure une persistance. Ensuite, contrôles tous les 1-3 ans, car le risque de diabète de type 2 est augmenté.
Puis-je avoir un accouchement sain avec un diabète gestationnel ?
Absolument. Avec des glycémies bien équilibrées, le pronostic est très bon. Un accouchement voie basse est possible, pourvu que le bébé ne soit pas devenu trop gros (poids estimé > 4500 g peut être une raison de césarienne programmée). L'accouchement doit avoir lieu dans une maternité avec néonatologie, car les nouveau-nés après DG nécessitent une surveillance glycémique rapprochée les premières heures.

Sources

Notre contenu s'appuie sur des recommandations publiques d'institutions médicales reconnues.

  1. [1]Deutsche Gesellschaft für Gynäkologie und Geburtshilfe. S3-Leitlinie Gestationsdiabetes mellitus (GDM). 2018. https://www.awmf.org/leitlinien/detail/ll/057-008.html
  2. [2]World Health Organization. WHO recommendations on antenatal care for a positive pregnancy experience. 2016. https://www.who.int/publications/i/item/9789241549912
  3. [3]American College of Obstetricians and Gynecologists. Nutrition During Pregnancy — FAQ. 2023. https://www.acog.org/womens-health/faqs/nutrition-during-pregnancy
  4. [4]Bundeszentrale für gesundheitliche Aufklärung. familienplanung.de — Schwangerschaft. 2024. https://www.familienplanung.de/schwangerschaft/

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Ce guide est informatif et ne remplace pas un avis médical. Le test de glycémie et l'interprétation de vos valeurs relèvent toujours de votre gynécologue ou diabétologue. Pour toute question sur vos valeurs, le déroulement ou le traitement, consultez votre praticien.